LES SOMMIERS DU ROY SONT A RENNES

Trois natures de faits et arguments sont à notre disposition pour tenter d’appréhender le parcours historique de l’orgue de la chapelle du Château de Versailles 

les archives relatant les travaux sur l’instrument et les manifestations musicales qu’il a engendrés ;
l’expertise des facteurs d’orgue et spécialistes en musicologie qui se sont appliqués à reconstituer l’ADN de cet instrument,
le matériau ancien existant encore à ce jour, à Versailles et ……à Rennes.

En effet, l’histoire de l’orgue de l’église Saint-Martin de Rennes (Paroisse Jean XXIII ; Ille & Vilaine 35) a des origines « royales » ; elle est jalonnée des principales dates suivantes :

 

Chapelle du Château de Versailles (Paris)

1711 : livraison du nouvel orgue de la cinquième chapelle du Château de Versailles par les facteurs d’orgue Robert Clicquot et Julien Tribuot ;
1736 : travaux sur l’orgue par le facteur d’orgue Louis-Alexandre Clicquot ;
1762 : relevage de l’orgue par le facteur d’orgue François-Henri Clicquot ;
1817 : travaux sur l’orgue par les facteurs d’orgue Dallery père et fils ;
1873 : reconstruction de l’orgue par le facteur d’orgue Aristide Cavaillé-Coll ;

Chapelle du séminaire de Châteaugiron (Ille & Vilaine 35/Bretagne)

1937 : installation de l’orgue de la chapelle royale du château de Versailles au petit séminaire de Châteaugiron par le facteur d’orgue Victor Gonzales sur proposition du Chanoine Inry et de l’abbé Yves Legrand.
1966 : travaux de relevage de l’orgue par les facteurs d’orgue Wolf, Chéron, Sévère ;

Eglise Saint-Martin de Rennes- paroisse jean XXIII (Ille & Vilaine 35/Bretagne).

1974 : installation de l’orgue dans la tribune de l’église Saint-Martin de Rennes par le facteur d’orgue Yves Sévère grâce à l’initiative bienveillante de l’abbé Yves Legrand.
1999 : relevage de l’instrument par le facteur d’orgue Alain Léon et découverte de présence de sommiers et tuyaux anciens ;
2011 : tricentenaire de l’ancien instrument de la chapelle du château de Versailles.
2014 : le 1er janvier 2014, nous aurons une pensée émue pour Mozart qui, il y aura exactement 250 ans, le 1er janvier 1764, jouait pour le Roi Louis XV, sa famille et la cour, sur l’orgue de la chapelle de Versailles tout nouvellement restauré par F.H.Clicquot. Ce 1ier janvier 1764, il joue un instrument en parfait état ; quatre mois plus tôt, les organistes Daquin, Paulin, Foucquet et Marchand effectuaient avec grande satisfaction la réception des travaux de relevage de l’orgue réalisés par François-Henri Clicquot.
Il a fait chanter nos sommiers de l’orgue de Saint-Martin, ceux précisément de l’orgue Clicquot de Versailles, et une cinquantaine des très beaux tuyaux de bois de chêne Clicquot répartis sur la soubasse de 16, le bourdon de 8 et les flûtes de 8 et 4. Nous pouvons afficher l’exacte dimensionnement de ces sommiers, information essentielle si l’on veut bien se souvenir que de nombreux experts ont pu s’étonner de constater l’étroitesse des lieux pour y loger autant de jeux et de tuyaux d’orgue. Preuve du savoir-faire de la facture d’orgue des Clicquot. Nous pouvons affirmer que l’orgue de la chapelle comprenait des sommiers GO/Positif et pédalier à gravures alternées (pas de Positif de dos) et de ce fait confirmer que les claviers étaient bel et bien encastrés dans le buffet. Du reste, nous possédons les mesures de l’encastrement à partir des marques repérées par Alain Léon, et donc du positionnement des soupapes actionnées par une mécanique à clavier axé en queue. Nous avons mis en évidence que le pédalier du Clicquot d’origine possédait 33 notes, et ses claviers 50 notes.

Nous avons démontré que l’instrument de l’église Saint-Martin de Rennes qui porte la signature Cavaillé-Coll avait conservé les sommiers anciens Positif/GO d’un seul tenant à gravures alternées (50 gravures/13 perces au GO/9 perces au Positif et fonds de pédalier des Clicquot XVIIIème siècle/33 gravures et 3 perces) ainsi qu’une petite centaine de tuyaux anciens dont 51 tuyaux de bois de chêne des Clicquot XVIIIème. Nous avons contribué par nos recherches à mieux approcher la composition exacte de l’instrument de la chapelle du château de Versailles tout au long de ses transformations du XVIIIème siècle.