GÉNÉTIQUE DE L'ORGUE

eglise Saint-Martin de Rennes
Orgue Clicquot Robert (& Tribuot Julien), Louis-Alexandre, François-Henri, de la chapelle royale du château de Versailles : ce qu’il en reste aujourd’hui

• EMPLACEMENT :

Chapelle du château de Versailles- orgue Boisseau-Cattiaux livré en 1995.
Eglise Saint-Martin de Rennes – orgue Cavaillé-Coll installé en 1974.
Collection privée « quelque part dans le monde ».

• BUFFET :

 Le Buffet, classé Monument Historique est quasi-intact et trône toujours plus de 300 ans plus tard à la tribune des musiciens de la chapelle du château de Versailles.

• CLAVIERS :

Le fond de la fenêtre  des claviers qui permettait de cacher les mécaniques de transmission et vergettes d’appel des soupapes n’est plus là mais serait détenu par un collectionneur « quelque part dans le monde ».  La dernière trace de sa subsistance remonte à 1919. Un panneau en trompe-l’œil a été installé dans l’attente d’un retour possible de l’original.

Seuls deux claviers au châssis plaqué de bois de rose semé de fleurs de lys et cerné de filets d’ivoire, sur lesquels Mozart a joué, demeurent. Ils ont été déposés et reposés aujourd’hui sur l’orgue du Dauphin, visible à ce jour dans une des salles du château.

• JEUX OU TUYAUX ENCORE INSTALLES :

- 4 rangs du plein jeu réinstallés sur l’orgue Boisseau-Cattiaux actuel de la chapelle,
- La doublette, qui attend dans un placard du château que des techniques de restauration plus performantes lui permettent de revivre,
- 51 très beaux tuyaux Clicquot en bois de chêne répartis sur la soubasse de 16, le bourdon de 8 et les flûtes de 8 et 4 ; ils chantent au XXIème siècle sur l’orgue de Saint-Martin de Rennes.

Le doute subsiste aujourd’hui de savoir si les anches Clicquot ont définitivement disparu, ou bien été fondues ou bien encore été reposées sur  tel instrument ancien dont on aurait cherché à retrouver les sonorités d’antan ?

• SOMMIERS :

Le sommier GO/Positif à gravures alternées est devenu un sommier GO/Récit toujours à gravures alternées. En bois de chêne, il est en parfait  fonctionnement à Saint-Martin de Rennes sur le Cavaillé-Coll.

Il mesure 1,624 m par 1,318 m. Les gravures sont profondes de 60 mn.

Côté C, le barrage est un barrage GO., côté #, c’est un barrage Positif.
Il y a 13 perces sur le barrage GO. Et 9 perces sur le barrage Positif. Les deux registres voisins du 3ième jeu du GO. ont été décalés, jeu qui ne commençait à l’origine qu’à l’ut 3.

La lecture des chapes met en évidence 25 trous par côté soit des claviers de 50 notes.

Les sommiers des fonds de pédaliers Clicquot, réinstallés également sur le Cavaillé-Coll à Saint-Martin de Rennes présentent la particularité d’avoir côté do 17 gravures, côté # 16 gravures, soit 33 notes au total.

Quelques dizaines ou parfois centaines d’années plus tard, ce n’est pas sans émotion que nous partageons avec Couperin, Daquin, Dandrieu, Mozart, Widor, Franck, Saint-Saens ou bien Fauré…. le bonheur de faire chanter à Saint-Martin de Rennes, les sommiers et une petite centaine de tuyaux anciens de l’orgue Clicquot de la Chapelle du château de Versailles.

Le diapason 436
Hasard des dates, c’est aussi en 1711 que le diapason fut inventé par un certain John Shore, un luthiste anglais. Le diapason est une unité de mesure des sons. Il permet de donner un son de référence servant ensuite à l’accord des instruments. Avant qu’un consensus minimal ne se fasse sur la valeur à donner au diapason, une joyeuse anarchie sonore existait de sorte que les claviers d’un orgue pouvaient ne pas être accordés à la même hauteur de son. De même, c’est à cette époque qu’il n’était pas rare de trouver des claviers proposant un ré # et un mi b ; lorsque le clavier fut finalement définitivement établi à partir d’une octave comprenant, de do à si, 12 notes, l’on parla de clavier bien tempéré (expression qui apparaît au début du XVIIIe siècle). Le diapason officiel fixe le la3 à 440 Hz (+/- 0,5). Le diapason ancien, celui de l’orgue du temps de Louis XIV, était fixé au La 415 ; celui de Mozart se situait au La 422, soit une hauteur plus compatible avec des voix ordinaires. Chanter Mozart avec le diapason actuel au La 440 est aujourd’hui chose plus difficile ! Celui de l’orgue de Saint-Martin se trouve être établi à 436 Hz, soit légèrement plus bas que la norme actuelle. Ce niveau correspondait à celui des arrêtés officiels du diapason français normal de 1859. La différence est surtout sensible pour les instrumentistes qui sont amenés à jouer avec l’orgue : l’accord de la flûte, de la clarinette ou du violon est plus difficile à réaliser !